Association francophone d'aide à la recherche d’emploi au Japon

Nicolas et Christophe – Cardemy

Pourquoi le Japon?

Nicolas: Le biberonnage au Club Dorothée a évidemment bien aidé mais le point
déclencheur a été lorsque je suis entré en école de commerce.
Les destinations qui étaient les plus prisées jusqu’à lors étaient les Etats Unis, la Chine pour
le potentiel futur ou l’Europe pour la proximité avec la France.
C’est alors que, un peu par esprit de contradiction, je dois l’avouer, j’ai décidé d’opter pour
le Japon et ai effectué un échange universitaire de 2008 à 2009. Je ne vais pas être très
original mais ce fut un coup de foudre tant pour le pays que pour sa langue dont la sonorité
m’a tout de suite séduit. Au début j’étais énormément frustré de ne pas pouvoir
communiquer avec les étudiants de mon université et je me suis donc mis en tête
d’améliorer mon Japonais le plus rapidement possible. Je prenais des cours, je consommais
énormément de media japonais (immersion active) et j’essayais coûte que coûte de
réutiliser ce que j’avais appris le jour même dans des conversations réelles avec des
Japonais (parfois en créant/initiant moi même les situations/conversations qui s’y prêtaient)
Cette méthode m’a permis d’obtenir en un an le JLPT N1, quelques mois après mon retour
en France. Après être diplômé de mon école, j’ai obtenu mon premier CDI au Japon en 2012
dans le domaine de la fusion acquisition.

Christophe: Une fois mon diplôme d’ingénieur en poche et après un premier travail en
France, j’ai décidé de m’expatrier à Hong Kong. Sans préparation et avec seulement 5 000
euros en poche, j’ai réussi à trouver sur place un CDI au bout de quelques mois en tant
qu’ingénieur en mécanique (chez ASM). La culture à Hong-Kong étant assez superficielle,
j’avais besoin d’autre chose. Ma curiosité pour le Japon a été éveillée suite à un voyage
touristique en 2009. Je suis tombé amoureux du pays et ai décidé d’y partir travailler.
Cependant j’ai ressenti à ce moment la profondeur de la culture japonaise et ai compris que
sans bien maitriser la langue, je n’allais pas pouvoir profiter à 100% de mon expérience de
vie au Japon. C’est pourquoi en Janvier 2010 je décide de me mettre à apprendre le
Japonais en visant le JLPT N2 que j’obtenais environs deux ans plus tard en décembre 2012.
Cela semble un peu fou mais grâce à une méthode originale se basant sur des “flashcard”
que je créais à partir des vidéos, mangas et autres que j’adorais sur l’app Anki , j’ai réussi au
bout de 24 mois, à partir d’un niveau zéro d’obtenir ledit diplôme. Grâce à celui-ci et ma
persévérance j’obtenais mon premier CDI chez Nissan au Japon en Mars 2012, autant
d’accomplissements qui étaient une fierté personnelle… Une fierté qui allait
malheureusement être mise à mal face à la réalité du terrain.

Du Salariat à la startup

Christophe: Je me souviens bien de mon premier entretien d’embauche chez Nissan. Mon interlocuteur
m’a dit : 「ここまで来ていただいて申し訳ございませんね」 « Désolé de vous avoir fait
venir jusqu’ici », ce qui est une sorte d’expression pour détendre l’atmosphère poliment. Une bonne réponse aurait pu être :「いいえ、とんでもないです」or 「いいえ、そんなこと
ありません」 (« Non, c’est un plaisir »).

Malheureusement le mieux que j’ai trouvé pour répondre à ce moment-là, (après un court
bégaiement) a été : 「はい」 (« oui ») … C’était probablement la pire réponse possible pour
démontrer mes compétences linguistiques. En fait, je connaissais les mots mais il y avait juste
trop de réponses possibles dans ma tête et je n’arrivais pas à trouver la bonne assez
rapidement. J’ai eu de nombreuses expériences comme celle-ci lorsque je suis arrivé au
Japon.

Quelques mois après j’ai quitté Nissan pour commencer un VIE dans l’ingénierie
biomédicale. Là encore le challenge était grand : convaincre des radiologues Japonais
d’acheter le produit que mon entreprise développait. Les premiers entretiens ont été durs,
mais grâce à la pression et beaucoup de flashcards Anki sur des mots spécifiques en Japonais,
je me suis amélioré très rapidement et ait fini par maitriser le vocabulaire du médical et
surtout les formules de politesses adaptées à ce contexte.

Nicolas : Le JLPT N1 ne m’avait clairement pas préparé à aller pitcher des décisionnaires
d’entreprises japonais sur des opportunités d’investissement en Europe et en Asie. Termes
techniques, conversion des devises, réflexes langagiers de la finance, etc… Aucune solution
existante ne répondait à mes besoins et mes collègues japonais n’étaient pas toujours très
« indulgents ».
J’ai donc appliqué de nouveau la méthode m’ayant permis d’obtenir le JLPT N1 mais en me
concentrant sur mes besoins métiers et je me suis vite rendu compte que, n’ayant pas le temps
libre que j’avais lorsque j’étais étudiant, cette méthode était très chronophage. J’ai cependant
persévéré, je consommais des media en rapport avec le M&A et ne laissait passer aucune
occasion de communiquer en Japonais avec mes collègues. L’idée étant de combiner
progression métier et langues pour gagner du temps. Et… Au bout d’un an mon supérieur
hiérarchique m’accordait enfin le droit d’envoyer un email à un client sans qu’il le revoit
avant !
Parler la langue et comprendre le monde de l’entreprise au Japon mais garder son identité
d’étranger permet de se construire un profil très demandé ici. D’ailleurs, grâce à cette
expérience formatrice, j’ai pu devenir après 6 ans consultant M&A et entrée de marché en
freelance. Avoir la possibilité de travailler à mon compte dans un pays étranger fut certes un
accomplissement mais le fait de travailler « pour » des entrepreneurs attisait ma curiosité et
mon envie de monter ma propre entreprise.

Une startup issue d’une relation née 7 ans plus
tôt.

Christophe et Nicolas se sont rencontrés en 2012 dès leur arrivée au Japon alors qu’ils
habitaient dans la même sharehouse (Sakura House). Avec le recul, cette expérience au
contact de nombreux étrangers aux situations (étudiant, employés, freelance, etc) et

nationalités différentes ainsi qu’avec un niveau de japonais très disparate fut un terrain
propice pour mieux comprendre les besoins de chaque apprenant.
Christophe et Nicolas sympathisent et décident de louer un appartement à deux, une
collocation qui deviendra le terreau d’une amitié durable. Cette collocation leur permis, au-
delà des soirées festives entre amis, de mieux se connaître l’un l’autre et de comprendre que
leur ambition de réussir au Japon était la même. Ce fut également une opportunité pour eux
de comparer comment ils avaient appris le Japonais jusqu’à lors. La méthode de Christophe
très ordonnée (révision systématique de flashcards, combinée à des cours classique) était
assez différente de celle de Nicolas un peu plus brouillon (immersion via des média combinée
à une réutilisation opportuniste au quotidien des éléments appris).
Cette compréhension des forces et faiblesses de chaque méthode combinée à une
compréhension des besoins apprenants et enfin une ambition brulante de monter leur propre
entreprise, donnèrent naissance à Cardemy en 2019.

Cardemy, une solution d’apprentissage vraiment
personalisée à chacun.

Cardemy est une startup Edtech qui se propose de régler les « vrais » problèmes que les
apprenants en langue rencontrent. Manque de temps ou de motivation, contenu appris trop
scolaire, pas de progression réelle dans la vie de tous les jours… Autant de problèmes que
Cardemy se propose de résoudre grâce à la technologie et l’innovation et en rétablissant le
lien entre cours et e-learning.

Sur la partie e-learning Cardemy analyse l’infinité de vidéos disponibles sur internet (ex : YouTube) pour en extraire des passages de quelques secondes permettant d’illustrer du vocabulaire ou de la grammaire.

Cette infinité de contenu permet, en matchant automatiquement avec le profil de chaque apprenant, de s’adapter :

  • aux besoins métier : aussi bien d’un ingénieur aéronautique que d’un chef cuisinier en passant par un contrôleur de gestion
  • aux objectifs personnels : faire des démarches pour un VISA, pouvoir exprimer son opinion en nuances sur un sujet précis, etc
  • aux passions : anime/manga, musique, cuisine, films, etc
  • au niveau : de débutant (extraits vidéos très courts, avec des mots simples et très audibles) jusqu’à très avancé (extraits un peu plus long, avec des mots avancés et un débit de parole plus rapide)

Ceci garantit un contenu parfaitement aligné avec le quotidien de chaque apprenant et donc une motivation qui ne flanche jamais. De plus, ces contenus sont proposés sur formes de flashcards avec des quiz, un format qui permet à l’apprenant d’apprendre 1-2 minutes par ci 2-3 minutes par là dès qu’il le souhaite, plus d’excuse de manque de temps !

Mais la vision de Cardemy n’est pas celle du « tout IA », ainsi la startup souhaite que sa technologie serve les professeurs tout autant que les apprenants. Ceux qui ont déjà pris des leçons avec une école de langue qui proposait de l’e-learning savent que les professeurs n’ont en général aucune idée du contenu de l’e-learning. Cette déconnexion crée beaucoup de frustration et une perte de temps énorme. A Cardemy, le professeur accède également à la plateforme et peut donc à la fois :

recommander du contenu directement via la plateforme en amont ou en aval des leçons pour s’assurer de la bonne préparation/compréhension de son élève.

suivre les progrès de son apprenant et réguler le contenu des leçons en fonction de ceux-ci.

Cette synchronicité permet de nombreuse synergies sur les activités réalisées en self-learning (quizz d’écoute, de lecture, kanji, shadowing, etc) et celles réalisées en cours (rôle-playing, explication plus poussées sur des points particuliers, etc) résultant en une utilisation optimisée du temps des leçons et donc un volume horaire de cours moins important. Moins de cours c’est également plus de flexibilité dans l’emploi du temps et un budget potentiellement moins élevé.

Aujourd’hui Cardemy aide des centaines d’expat en Japonais et est également disponible pour l’apprentissage de l’Anglais et du Français. Bien que le startup se concentre maintenant sur des projets B2B elle reste ouverte aux clients B2C car les (futurs) expatriés, notamment au Japon, sont parmi les premiers à avoir fait confiance à Cardemy. En effet, la startup dont les deux fondateurs sont également des expatriés est extrêmement fière de contribuer à la bonne réussite des (projets d’) expatriation notamment des Français au Japon et continuera dans cette voie à l’avenir.

site internet: https://cardemy.com/

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