Association francophone d'aide à la recherche d’emploi au Japon

Bogdan pas qu’un Petit Chef !

Je m’appelle Bogdan, j’ai 43 ans et cela fait 10 ans que je suis au Japon. J’y suis arrivé par hasard après un BTS « Force de vente » passé à Marseille. A l’issue je voulais voir autre chose et j’avais en référence mon père qui avait passé la majeure partie de sa vie à travailler à l’étranger J’ai eu à mon tour envie de prendre mon sac.

Pourquoi le Japon alors ?

J’avais une attirance pour la partie asiatique du monde et un coup de cœur pour le Japon. Dans les années 80 on avait en référence les mangas et la télévision des « animés ». Après en grandissant je suis passé au cinéma de Kitano a Kurosawa et Ozu… A la faculté d’Aix j’ai rencontré alors des amis qui m’ont conseillé de prendre un visa « Vacances-Travail » pour venir au Japon et y travailler en enseignant le français. Cela m’a séduit car je me voyais mal devenir travailler sur le long terme en tant que commercial en France.

En prenant pied sur l’archipel, j’ai bossé dans un restaurant de Kyoto, j’ai fait un peu de mannequinat, des petits boulots à droite à gauche mais je suis resté focalisé sur l’enseignement du français pour être reconnu, multiplier les cours et avoir de quoi payer mon loyer et mes factures, voire économiser pour l’avenir.

Quand on arrive, la 1ère année on survit et c’est à partir de la suivante qu’on arrive à s’en sortir un peu mieux si tant est que l’on s’en donne les moyens et que l’on fasse preuve d’engagement.

J’ai ainsi pu rester par la suite car le bureau de l’immigration a bien vu que je m’investissais réellement. Fort de ma débrouille, ils m’ont alors autorisé à rester comme un « auto-sponsor ».

Je le répète si vous voulez vous établir définitivement au Japon, il faut y travailler dur au départ pour faire sa place et non pas y vivre comme un touriste en profitant de ce que vous offre la vie locale. L’argent filera trop vite et vous ne vous donnerez pas l’opportunité d’y réussir. Faites également l’effort de l’apprentissage de la langue sans laquelle vous ne pourrez pas réussir.

Donc j’ai continué à enseigner non seulement le français mais aussi l’anglais et l’italien. J’ai également donné des cours de chants et de guitare et je travaillais 6 jours sur 7 en faisant attention de ne pas trop dépenser.

Je suis ensuite rentré en France mais le Japon me manquait et j’y suis revenu rapidement. Pour autant je me sentais orphelin de la cuisine française et je me suis dit qu’il y avait là une opportunité de faire connaître mes penchants culinaires aux autres. Mes amis japonais notamment étaient curieux et c’est ma compagne qui m’a incité à faire commerce de ce penchant. Je suis donc passé par Internet en me faisant connaître via Facebook et par le bouche-à-oreille relayé par mes connaissances.

Donc cela a commencé à la maison par des cours pour un public de 5 à 8 personnes avec des quiches, du pain, des soupes, … Très rapidement une de mes élèves m’a demandé d’organiser l’anniversaire de sa maman (30 personnes !).

Ma femme me conseille alors de décliner car ce serait prendre un risque mais moi têtu je me déplace tout de même à Sakai et … cela s’est vraiment bien passé !

Dans la foulée une amie française me demande si je veux faire le service de Noël à l’Institut français d’Osaka sous forme de buffet à destination de 100 personnes. Ma femme a été réticente a ce projet, mais j’ai honore le contrat sans faute.

Pour autant, je me suis rapproché d’amis restaurateurs japonais pour y recueillir des conseils techniques. J’ai alors ainsi pris pied à l’Institut pour des cours, des démonstrations sous forme d’ateliers de cuisine et la publicité faite sur leur site Web m’a fait vraiment un beau cadeau.

La NHK a pris contact avec moi et deux mois plus tard je suis parti en France avec une équipe télé pour faire une émission comme celle des «  Carnets de Julie » .

C’est une émission qui est passée de façon hebdomadaire sur une année où j’étais l’ambassadeur des arts de la table en France et pour un public exclusivement japonais.

Ce fut une belle expérience de travailler avec eux notamment sur le casting des lieux emblématiques, des restaurants, des cafés. Nous sommes allés à Paris bien sûr mais également à Lyon à l’Institut Paul Bocuse comme chez un chocolatier renommé de la place.

https://youtube.com/channel/UCoIkPVUms2It3HpjncNUC3A

A l’issue de cette belle parenthèse, j’ai voulu poursuivre sur place ce que j’avais débuté et l’Institut français m’a demandé d’avoir un statut « encadrant » ne serait-ce que pour ne pas avoir de problèmes en cas d’accident.

Donc je suis devenu auto-entrepreneur sous la forme d’un Kojin Jigyo cela permet statutairement d’être reconnu notamment vis à vis des autres entreprises qui rechercheraient quelqu’un. Au Japon cela est relativement simple au niveau des démarches administratives.

2013 c’est donc le début de l’aventure « Petit Chef » … que vous pouvez retrouver ici :
https://www.facebook.com/petit.chef.osaka
https://www.instagram.com/bogdan.propeck/

Si j’avais sur ce point un conseil à donner « Allez au bout de vos passions » et donnez-vous la chance pour réussir. Toutefois prenez le temps avant d’investir votre argent et épuisez toutes les solutions en premier lieu. C’est ainsi que j’ai pu acquérir du matériel de cuisine professionnel mais j’ai commencé avec un simple four pour faire du pain !

A ce jour, j’assure des services « traiteur à domicile » pour les gens qui souhaitent manger de la cuisine française. Je me déplace chez eux et j’assure le service. Les services en entreprise font également partie de ma panoplie sur le même modèle.

Le 3ème volet qui a pris de l’essor avec la crise du Covid c’est la livraison de plats livrés à domicile.

Pour les cours de cuisine, j’assure la plupart chez moi avec un partenariat que vous pouvez retrouver ici : https://tabica.jp/users/170130?prcd=5Kjnb .

Ce sont eux qui s’occupent de la publicité sur mon travail et qui assure les réservations.
J’ai également un partenariat avec l’école de langue « Espace France » : https://www.espacefrance.jp/evenements.html

J’assure aussi des prestations dans les centres culturels japonais des municipalités locales qui sont équipés et nous partageons ensemble le repas.

L’avenir Bogdan ?

Une des possibilités qui s’offre a moi est l’évènementiel. Même si à l’heure actuelle ce n’est pas le plus facile. Une ou deux fois par an je travaille avec les magasins Hankyu qui organisent des « Semaines françaises ».

Dernièrement lors de la semaine organisée au magasin d’Umeda, j’ai quand même pu servir dans mon restaurant une centaine de repas par jour avec un comptoir de 8 personnes. Donc nous n’avons pas chômés avec l’équipe que j’ai embauchée. Normalement je devrais faire l’évènement de Hankyu-Kobe à l’automne.

Ce format de deux gros évènements annuels me va bien car c’est très lourd à gérer aussi bien professionnellement qu’au niveau familial. C’est également très fatigant car ce sont 300 000 personnes qui passent à l’étage même si ce chiffre n’a pas été atteint cette année en raison de la pandémie

J’ai également eu un contact avec l’Université pour femmes de Kyoto qui m’a demandé de faire des lectures-conférences sur des thèmes choisis. Par exemple la diététique méditerranéenne est un type de sujet que j’ai eu à traiter.

Ce sont des formats de deux heures pour des classes de 30 personnes. En octobre je devrais y retourner pour poursuivre l’expérience.

C’est une expérience réellement satisfaisante et aussi une autre manière de partager son savoir mais qui demande beaucoup de préparation en amont.

Je pense cependant que le service à domicile est l’avenir dans le cadre de mon travail. Le Japon a cette facilité de posséder des entreprises spécialisées dans la logistique pour répondre à ces challenges.

Voilà pour mon expérience de français expatrié et épanoui de vivre au Japon et plus particulièrement dans le Kansai.

Que les lecteurs d’Emploi-Japon n’hésitent pas à me contacter pour un service, un renseignement ou un simple conseil.

Au plaisir de vous croiser et merci d’avoir pu relayer mon témoignage pour la communauté française expatriée ou pas !

Le 22 juin 2021

Toyonaka – Senri Chuo Mall

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